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France-Var / Toulon

Toulon

Toulon : la rade aux 13 falaises


Depuis toujours célèbre pour sa rade, Toulon marque la limite ouest de la Côte d’Azur. La cité a grandi au rythme de son port et de son arsenal, pour devenir la 10° ville de France. Il est vrai qu’avec 564 000 habitants l’agglomération se démarque nettement du reste du département du Var dont elle est devenue la préfecture. « Toulon et le désert varois », telle est la formule un peu condescendante, que certains utilisent encore pour parler de ce territoire balisé par Cannes et Marseille au sud et par le Verdon au nord.
Un désert le Var ?
D’un point de vue démographique, peut-être. Mais un désert béni des dieux de l’escalade, un désert qui recèle des joyaux aussi prestigieux que Châteauvert, Châteaudouble, le Massif de l’Estérel, ou encore la Rive Gauche du Verdon... Largement de quoi – verticalement parlant - faire de l’ombre à la métropole toulonnaise, d’autant que le site des Calanques de Marseille, lui aussi, n’est qu’à quelques dizaines de minutes de voiture ! Et pourtant, loin de souffrir de la proximité de ces destinations réputées, la grimpe à Toulon affiche une santé remarquable.

Un port, des montagnes, des roches et encore et toujours du soleil...


Il faut dire que la « plus belle rade d’Europe » bénéficie d’un environnement naturel des plus propices à la pratique de notre sport favori. Propice d’abord par son climat, tout en douceur, avec 295 jours d’ensoleillement par an - record de France absolu depuis 1961 - et une température moyenne de 16°. Les chiffres parlent d’eux même : on peut y grimper été comme hiver avec une probabilité infime d’avoir à affronter les caprices de la météo. Propice ensuite par le relief qui cerne Toulon d'une chaîne de massifs calcaires d’altitude modérée : le Mont Faron (542 m), le Mont Coudon (702 m), le Baou des 4 Ouro (534 m), dont les ressauts et les affleurements rocheux divers offrent autant de possibilités. Ajoutons à l'inventaire le Mont Caume (796 m) bien que celui-ci soit le seul massif de l’aire Toulonnaise formellement interdit à l’équipement et à la pratique de l’escalade par arrêté environnemental de biotope. Ce n’est donc pas par hasard que Toulon fut, au temps de la révolution française baptisée « Port-la-Montagne » !
Cerise sur le gâteau, les différentes expositions, inclinaisons et variations dans la composition des roches, permettent de pratiquer toute la gamme des styles d’escalade, exceptés peut-être, ceux pratiqués dans les gros dévers à concrétions, assez rares ici.

Qui constituent l’un des grands berceaux de l’escalade...

Facteur climatique exceptionnel, relief favorable et géologie avantageuse...
Les conditions étaient réunies pour qu’à Toulon aussi, l’escalade soit. Elle naquit
probablement dans les années 1930 du côté du Baou pour se répandre progressivement dans les lignes plus ou moins évidentes de tous les massifs de « Port-la-Montagne ». Elle se diffusa partout où nos précurseurs pouvaient planter des coins de bois, des piquets de fer et quelques rares pitons. Comme ailleurs, ils grimpaient sans se soucier de savoir si c’était du libre ou de l’artif’ et s’engageaient, voire s’exposaient, souvent très au-delà du raisonnable. Si, sur la fin de cette période, on parlait déjà de scellements, c’était forcément au mortier de
ciment, quant au mot « Spit » il était encore au fond du gouffre. Entendez par là, l’apanage des seuls spéléologues.

Note : Denis Garnier est moniteur d’escalade, ex-grimpeur de haut niveau. Equipeur incontournable sur l’aire toulonnaise, il est aussi le principal auteur du topo-guide.
Francis Elichabe est aussi l’un des grands équipeurs du site, guide de haute montagne et co-auteur du topo-guide.

Où on découvre que grimper pouvait être un sport...

C’est dans les années 80 que deux personnages allaient contribuer à infléchir la pratique dans le sens que nous connaissons aujourd’hui : Patrick Edlinger et Denis Garnier. L’escalade était. Sous leur influence, elle deviendra sportive.
« Nous on ne savait pas que c’était un sport, et qu’il fallait s’échauffer. On allait de suite dans notre niveau maximum et on se mettait minables... C'est Denis (Garnier ndlr) qui nous a appris ça ! Et la moulinette aussi ! », nous livre le très méridional Francis Elichabe. Il faut dire que jusqu’en 1980, au Baou de 4 Ouro, l’usage voulait que l’on sorte les voies par le haut et que la cordée effectue la descente à pied. « Le virage s’est opéré en quelques jours. Au bout d’une semaine tous les grimpeurs toulonnais avaient adopté l’astuce ! », se souvient, amusé, Denis Garnier. Non sans évoquer quelques railleries : « La première fois Patrick Edlinger, déjà connu et reconnu comme meilleur grimpeur de
l’époque, s’est gentiment moqué de nous en nous demandant si on avait peur de grossir des mollets... ».

Alors que les locaux restent béats d’admiration devant les prouesses parfois aussi solitaires qu’extrêmes de Patrick Edlinger et devant ses voies prestigieuses, réputées infaisables et trop dangereuses, Denis et ses « moulinettes » cassent le mythe, les voies sont travaillées et plus facilement répétées. Les Spits sortent de l’ombre de leurs cavernes, l’équipement systématique des parois vient de commencer alors que la notion d’escalade libre s’impose tout juste en France...

Mais un sport pas comme les autres, où athlètes et stades progressent ensemble !

La face centrale du Baou... encore un mythe qui va tomber :
« D’habitude on passait dessous sans lever la tête. Pour nous ce n’était pas grimpable ! », nous rappelle Francis, « Puis un jour on a vu des Spits noirs. C’étaient ceux d’Edlinger ; on n’osait pas y aller et on a mis longtemps avant de refaire ses voies... Patrick nous a montré que certaines choses étaient possibles, même si au niveau équipement son apport est resté limité. Les cotations, en effet, étaient remarquables pour l’époque : 7a, 7a+, 7b, 7c+... Puis naquit le premier 8a de la falaise « L’Engatze ». Très vite pour l’élite du moment, tout fut fait au Baou. Il fallait aller voir ailleurs...et à ce moment là, ailleurs, c’était le Cimaï. Intéressant, mais dur, très dur. Alors, on s’échauffait au Baou puis on allait travailler les voies au Cimaï ».

Paradoxalement, la toute première fois que Denis partit reconnaître la falaise qui domine Sainte Anne d’Evenos, il rentra passablement déçu. Il faut dire que les lignes naturelles et artificielles existantes, avec leurs fissures noircies et leurs dalles ocre-orangé, étaient aux antipodes du beau calcaire gris-comme-au-Verdon que recherchaient les grimpeurs d’alors ! Il trouva le rocher aussi médiocre que la chaleur insoutenable, et oublia le Cimaï. Pas pour longtemps il est vrai... Pas pour longtemps, car Patrick Edlinger – encore lui - tirait alors les premières conjectures sur les possibilités cette extraordinaire falaise. Après des reconnaissances effectuées certainement par température plus clémente, Denis Garnier en
démontrera certaines, avec la clairvoyance et le souci du détail qu’on lui connaît, au moyen d’itinéraires aussi prestigieux que « En un combat douteux » ou « Orange mécanique ». Puis avec Jean-Baptiste Tribout et Didier Raboutou ils énonceront les théorèmes les plus complexes de l’époque, estampillés d’un 8b+. D’autres ouvreurs, et non des moindres contribueront ici à l’enrichissement du patrimoine grimpable, Jean-Paul Paris, Marc Andrieu et Henri Talamasco, pour ne citer qu’eux. Et n’oublions pas que l’escalade au féminin signe là, avec Lynn Hill (qui répéta en 1990 « Masse critique », premier 8b+ féminin), Isabelle Patissier et Catherine Destivelle, des performances hors gabarit ! Toute cette effervescence draine du monde, beaucoup de monde... On vient de loin se frotter au gratin international et à cette époque il est souvent impossible de se garer au parking du Cimaï car la falaise est prise d’assaut : la surfréquentation la guette. Le Baou
comme le Coudon, autre site historique de l’aire toulonnaise, ne sont guère davantage épargnés. Par bonheur, même les modes passent. Des falaises plus déversantes allument ailleurs les feux de l’actualité et tandis que les projecteurs se braquent vers d’autres visages, on distingue un autre phénomène, moins médiatique mais plus profond : l’escalade se démocratise...

Et où le pratiquant de base peut maintenant prendre de la hauteur...


Jusqu’alors, réservée à une élite, l’escalade devient progressivement à la portée de tout unchacun. Ce phénomène général, prend une tournure particulière à Toulon. Il se caractérise par l’équipement depuis le haut, la purge systématique des blocs instables et le placement - mûrement réfléchi - d’ancrages scellés à la résine. Tous les sites « historiques » vont y passer. La course à la cotation n’est plus la seule motivation des ouvreurs car d’autres besoins émergent puisque maintenant l’escalade s’enseigne et s’ouvre aux jeunes. L’échec et la chute deviennent une option envisageable : le grimpeur de base peut prendre de la hauteur sans risquer d’arracher 3 pitons rouillés à la moindre glissade. « On a aseptisé les falaises » diront certains grincheux de par le vaste monde. Mais à Toulon il n’y a pas de grincheux, c’est bien connu, confirme Christian Boutonné5 : « Sur la face Nord du Faron, l’équipement des vieilles voies n’a choqué personne, tout le monde a trouvé cela positif. En d’autres lieux on nous aurait peut être tout cassé ! ».

Grâce à deux douzaines d’équipeurs aussi talentueux qu’actifs....

Vous vous doutez bien que passer de quelques coins de bois et pitons parcimonieux, aux Spits posés au tamponnoir, puis aux scellements, ne s’est pas fait sans patience ni efforts. Le matériel et les techniques sont une chose, « l’huile de coude » et les bonnes volontés, une deuxième... Mais à Toulon pas de problème de ce côté-là non plus : le temps aidant, deux bonnes douzaines d’équipeurs - certains particulièrement altruistes - vont contribuer à ce changement de décors que l’on ne peut pas résumer, bien évidemment, à la pose de 15 000 amarrages fiables, même si cela donne une idée du travail accompli !
Vous aurez l’occasion de voir fréquemment leurs noms, (et il y en a de très connus), au fil des pages des deux tomes du «Topo-guide des escalades autour de Toulon » édité sous l’égide du Comité départemental FFME du Var. L’ouvrage respecte en effet, aussi bien son rôle de guide précis et efficace, que son rôle de « mémoire collective », comme l’ont voulu ses auteurs.

Et à un tissu associatif humaniste et convivial.

Altruisme, respect de son prochain et de l’environnement naturel, font partie des valeurs que l’on reconnaît à la lecture de ces livres. Rien d’étonnant à cela puisque ces qualités sont partagées par le milieu associatif toulonnais, riche d‘une dizaine de clubs d’escalade, fédérés au sein de ce fameux « Comité ». Une équipe plus qu’une assemblée, où l’on cultive aussi une certaine largesse d’esprit et le sens du consensus. C’est ce cocktail de valeurs partagées qui transparaît, dans les noms des voies, la manière d’équiper, et plus encore au fil des réunions dans les locaux du CDFFME du Var. Car au siège (un tout petit bureau loué au Conseil Général), le mardi soir, on retrouve volontiers Pierre Lantier et Alain Righi, les responsables, pour présenter un nouveau projet d’ouverture, faire le point sur l’entretien des
secteurs, prendre en compte du matériel, ou s’assurer de l’évolution des autorisations... Un Comité Départemental qui repose en grande partie sur les épaules de ces deux dirigeants bénévoles. Discrètement indispensables, ils méritent bien un point d’admiration pour leur dévouement au long cours, car il ne sont pas pour rien dans la santé presque insolente qu’affiche la grimpe dans le Var ! Ainsi va l’histoire de l’escalade. Elle passe puis repasse par les hauteurs de « la rade aux 13 falaises », hier théâtre des réalisations les plus élitistes, aujourd’hui tellement plus avenantes, avec leur équipement irréprochable et leur rocher de qualité. Nul doute qu’avec ses 1500 longueurs, les sites autour de Toulon sont devenus non seulement une destination escalade incontournable, mais surtout un spot d’hiver de tout premier plan, en continuelle évolution, et où le soleil brille toujours.

A découvrir ou à redécouvrir !

Toulon pratique

Accès : Toulon est une ville assez importante du sud-est de la France, située entre Marseille et Nice. L’agglomération est desservie par l’autoroute et le rail, et dispose d’un petit aéroport qui n’a de lignes vraiment régulières que vers Paris, mais l’aéroport Marseille Provence n’est pas très loin.
Les cartes qui pourront vous être utiles sont la carte Michelin N°114 (1/100000) pour les routes et la carte IGN Top 25 réf. 3346OT (1/25000) pour les sentiers.

Topo : Avec une telle profusion de sites (et 1758 longeurs répertoriées !!!) il faut prendre le temps de consulter le topo-guide afin de porter son choix sur les secteurs les plus adaptés à votre niveau ou vos contraintes personnelles et éviter de perdre son temps à chercher sa route. Cette « bible » est composée de deux volumes :
Le tome 1 concerne les sites suivants : Faron, Destel, Cimaï, Jaume, Gros Cerveau et la Cride.
Le Tome 2 décrit les sites suivants : le Baou, le Coudon, le Croupatier, le Ragas, la Touravelle, Tourris et le Fenouillet. Dans les deux cas la présentation et les explications générales sont en 5 langues (Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol). Par il est dommage que les descriptifs ne soient qu’en français. Ceci dit, les croquis, les plans et cartes sont suffisamment clairs pour s’y retrouver et
de nombreuses photos agrémentent les descriptions techniques.
Ces deux livres sont disponibles dans les librairies et magasins de sport de Toulon, ou sur Internet dans les librairies spécialisées et sur www.lacorditelle.com.
Hébergement : Le mieux est de contacter un des offices du tourisme de l’agglomération, comme par exemple l’un des 4 ci-dessous :
- L’Office de Tourisme Toulon 334 avenue de la République - Le port 83000 Toulon
Tél. : +33 494 185 300 – Fax. : +33 494 247 739 http://www.toulontourisme.com
- L’Office du Tourisme de Saint Mandrier, place Résistants, 83430 Saint Mandrier sur Mer
Tél. : +33 494 636 169 tourisme.st.mandrier@wanadoo.fr
- L’Office du Tourisme du Beausset, – place du Général de Gaulle, 83330 Le Beausset
Tél. : +33 494 905 510 http://www.ot-lebeausset.fr
- L’Office du Tourisme de Bandol, Allée Alfred Vivien, 83150 Bandol
Tél. : +33 494 294 135 http://www.bandol.fr otbandol@bandol.fr
A proximité du Cimaï deux locations sont possibles, chez M. Dutheil +33 494 903 540 et au
« Mas du Cimaï » +33 494 252 841.

Les 13 falaises



1-Le Faron : 4 sites différents plus ou moins proches du centre ville avec accès routier et parkings différents (voir carte).
  • « Faron citerne » : 74 longueurs du niveau 2 au niveau 7 d’une hauteur de 20 à 35m. Accès routier : Suivre le sens unique en direction du sommet du Faron. Compter 2 épingles à partir de l’arrêt de bus (terminus ligne 20). Se garer sur le parking à proximité des citernes pour le secteur de la citerne (en amont du parking). Orientation : Ouest – Marche d’approche : 5 min. Secteur facile d’accès aux voies très bien équipées convenant à un large public.
    Voies recommandées : Ecolomaso (2a) ; Mon Ami Pierre (4b+) ; L’initié Initiant, Sous les Pavés la plage (5c+) ; Harmonie Buissonnière (6a) ; Globe trotter (6c+).
  • « Faron téléphérique » : 65 longueurs du niveau 4 au 7. de 20 à 35 m. Accès routier : Suivre le sens unique en direction du sommet du Faron, passer le parking de la citerne et se garer 3 épingles plus loin. Le secteur est en contrebas, en dessous et à droite de l’arrivée du téléphérique. Orientation : Sud et Sud Ouest – Marche d’approche : 4 à 15 min. selon secteur choisi. Secteurs très varié, dalle et devers.
    Voies recommandées : Face de poulpe (5b+) ; Laisse Béton (5c) ; Croque la vie (6a+) ; Voyage (6b) ; Hermès-Toth (6c) ; Kaya (7a) ; Le Seigneur du fleuve (7a+) ; Hétérozygote (7b).
  • « Faron Lierres » : 76 longueurs du niveau 2 à 8 de 20 à 30 m. Accès : Du centre ville rejoindre la gare de départ du téléphérique qui se trouve à proximité de l’hôpital Sainte-Anne, tourner à droite, rejoindre la route du Faron que l’on empruntera sur 500m. jusqu’au premier lacet (parking). Le sentier démarre au fond du vallon, à gauche. Garez-vous au mieux et soyez discrets (propriété privée). Orientation : Est, Sud Est et Sud. Marche d’approche de 0 à 10 minutes selon secteur. La plupart des voies sont spécialement aménagés pour l’initiation et le perfectionnement, donc très sécurisées.
    Voies recommandées : Tataouine (3b) ; Café Salé (4a) ; Lucky-Luke (5c) ; Chauve qui peut (6a+) ; Tartine et chocolat (7a).
  • « Faron Nord » : 57 voies de 20 à 110 mètres totalisant plus de 100 longueurs. Trois secteurs distincts : Nono Lulu, la Grande face, la Concession + de nouveaux secteurs encore en cours d’équipement. Niveau 5 (peu représenté) à 8+, voire davantage. Attention falaise soumise à des restrictions d’accès en période de risque de feu. Renseignez-vous. Topo presque indispensable selon secteurs. Accès : Rejoindre le Zoo, continuer sur 2200m. Se garer sur l’élargissement de la route qui sert de parking. De là compter 10 à 20 minutes selon secteur.

2- Le Destel : Le site du Destel comporte 10 secteurs de 15 à 70 m. de hauteur, situés dans un vallon sauvage et encaissé à l’Ouest de Toulon entre Ollioules et Sainte-Anne d’Evenos. Depuis Ollioules prendre la direction du Beausset sur 1,5 km. Se garer sur la gauche de la chaussée à proximité du club canin (carrière désaffectée). Le Vallon du Destel commence à droite. Les secteurs se répartissent de part et d’autre du vallon.
170 longueurs du niveau 2 à 8 avec tout un secteur de voies faciles. Orientations : toutes. Marche d’approche : 6 à 30 mn. selon secteur. Voies recommandées : Terre à terre (4c) ; Chaud devant (5b+) ; Babylone (6c+) ; Mords-moi le Nose (7b+) ; Molosse (8a).

3- Le Cimaï : Le site comporte 260 longueurs réparties en 21 secteurs de 20 à 80 m. de hauteur, d’un niveau compris entre le 4 et le 8b+. La falaise bien visible de la route surplombe la D62 entre Sainte-Anne d’Evenos et le Broussan. Accès : le parking se situe à 1,4 km de Sainte-Anne d’Evenos en direction du Broussan. Orientation : sud-est. Marche d’approche : 7 à 20 min ; selon les secteurs. Voies recommandées : difficile de choisir, le Cimaï comporte tellement de très beaux itinéraires de tous les niveaux. Ce n’est plus une falaise aussi élitiste que par le passé depuis la naissance de deux secteurs « faciles ». En outre il faut mentionner l’existence de la « GTC » (Grande Traversée du Cimaï). La GTC est une ambitieuse traversée de 30 longueurs ! Aérienne et technique tout en étant parfaitement équipée, c’est un véritable « monument » de l’escalade pourtant envisageable dès que l’on possède le niveau 5c.

4- La Jaume : Il s’agit d’un petit secteur de 23 voies de 30 à 35 mètres d’orientation sud, à proximité de Sainte-Anne d’Evenos. 3 voies dans le niveau 5, 7 dans le niveau 6 et le reste dans le niveau 7. Accès : Se garer à l’entrée du village (en venant d’Ollioules) et prendre le sentier qui commence à droite de la grande boulangerie, longer les roches de grès (très caractéristiques), puis au col monter sur votre droite en direction de la falaise. Compter 25 min. Voies recommandées : Les voies les plus intéressantes sont dans le niveau 7, mais les autres ne sont pas à dédaigner.

5- Gros Cerveau : Quel drôle de nom pour ce site pittoresque qui ne comporte pas de voies très dures mais 44 longueurs de 4c à 7a+ et une douzaine de voies faciles équipées seulement pour les moulinettes. Hauteur : de 20 à 35 mètres. Orientation : sud et est. Accès : Rejoindre Ollioules et prendre la direction du Gros Cerveau (sommet et fort). Le site d’escalade principal composé de 3 groupes rocheux distincts se trouve à droite de la route en montant. Se garer au mieux sur le bas-côté. Voies recommandées : Les labours (3c) ; Exentric (4b) ; Vitamine (5c) ; Les bras daubés (6a+) ; Rififi pour les ringards (6c).

6- Falaises de Sanary : A 13 km. A l’ouest de Toulon, Sanary, petite station balnéaire, propose 2 sites d’escalade, orientés plein sud, en bordure de mer. On y dénombre 20 voies de 4a à 7b qui se trouvent à proximité de l’espace vert de « La Cride » à environ 2km. à l’ouest du port. Nombreux parkings. Les relais de départ sont très souvent au bord de l’eau, on se méfiera donc d’une mer agitée. Marche d’approche ; 2 à 5 mn. Hauteur 25 à 30 m.
  • La Cride, composée de trois secteurs. Pour deux d’entre eux, l’accès se fait en rappel dans les voies. Prévoir éventuellement quelques sangles pour certains relais autour des arbres.
  • La Grotte de Portissol dont l’accès se fait soit par une traversée délicate au bord de l’eau, soit par un rappel de 20 m. sur un arbre.
    Voies recommandables : Alerte à Malibu (5b) ; Vol au vent (6a) ; Avis de tempête (7b).

7- Le Croupatier : Ce très bon spot d’hiver, baigné de soleil du matin au soir. Il se situe à proximité du centre culturel de Châteauvallon. Il comporte 47 voies de 4a à 7b+, la plupart très intéressantes. Accès : se garer à l’extrémité ouest du parking de Châteauvallon. Prendre la piste forestière V41 jusqu’au croisement avec la V409 (citerne) que l’on prendra jusqu’à la première épingle à droite. Quitter la piste pour un bon sentier qui continue tout droit compter 35 minutes de marche. Orientation : Sud. Hauteur 35/40m. Voies recommandées : Château de cartes (4c puis 5b) ; Papy au tapis (6a+) ; Malabar express (6c) ; Eyengui (7a).


8- Le Baou de 4 Ouro : Ce site historique s’est enrichi au fil des années. Il comporte à
l’heure actuelle pas moins de 342 longueurs du 2 au 8b... On y trouve une majorité de
voies d’une longueur mais aussi quelques itinéraires jusqu’à 90 mètres de développé.
Vraisemblablement de quoi trouver son bonheur de grimpeur !
Accès : Sortie autoroute Toulon Ouest puis direction « Le Broussan », jusqu’à rencontrer un
panneau « Baou des 4 Ouro », sur votre gauche. Prendre alors cette petite route pendant
500m. puis tourner à droite (côte très raide). Le parking se trouve deux épingles plus loin
(citerne). Deux sentiers permettent d’accéder à la falaise. On choisira l’un ou l’autre
selon la partie du massif que l’on veut rejoindre. Compter 10 à 20 minutes d’approche
selon secteur.
Exposition : toutes, donc grimpable toute l’année dans de bonnes conditions. Style : selon
les secteurs vous trouverez de la dalle plus ou moins raide, des surplombs, des fissures etc.
Voies recommandées : avec une telle profusion il faudrait un magazine de l’épaisseur
d’une bible ! Enormément de choses à faire, dans tous les niveaux.
9- Le Ragas : Site d’équipement récent à proximité du village du Revest, comportant 87
voies du 3b au 8a. Accès : se garer dans le village, place Jean-Moulin. Rejoindre le lac
(baignade interdite) puis un déversoir. Marcher dans cette sorte de canal bétonné
pendant 350m. Emprunter un chemin (marches aménagées) sur votre gauche pour
rejoindre les premiers secteurs. L’accès aux autres secteurs nécessite d’aller jusqu’au bout
du déversoir, de là, traverser le lit de la rivière et remonter sur la berge opposée.
Marche d’approche : Compter 12 à 20 minutes selon les secteurs.
Hauteur des voies : 25 à 30 m. Orientation : le groupe de falaise constituant une sorte
d’arc de cercle on y trouve une gamme d’exposition importante de SSE à ONO. La
plupart des secteurs sont cependant à l’ouest.
Voies recommandées : El crevette grimpa (4b+) ; Sex, fringues et chocolat (5a) ; XS (6a) ;
Juste un bruit doux (6a) ; Les remparts de Maguelone (7a) ; Petite Laurie (7b).


10- La Touravelle : Site lui aussi assez récent, comprenant 74 voies du 3c au 8a+.
Accès : depuis Toulon ou la Valette, prendre la direction Le Revest par la D846 sur 200m.
puis tourner à droite dans le lotissement « La Grenette » jusqu’à un gros bloc obstruant la
route. Se garer au mieux et poursuivre la route jusqu’au début du plateau. Tourner àdroite pour emprunter un sentier jusqu’à une source. Quitter le vallon par la droite pour
rejoindre les secteurs. Marche d’approche : 30 à 40 mn. Hauteur des voies : 30 à 35
mètres. Orientation : Sud et Sud Ouest.
Voies recommandées : Le Royaume des aveugles (5b) ; L’année du cheval (5c) ; Les
années-lumières (6a) ; Leçon N°6 (6b) ; Manpower (6c) ; Digeridoo (6c) ; Jardin d’hiver
(7a+) ; Shakti (7b).
11- Tourris : Site chargé d’histoire comportant 81 voies du 4b au 8b.
Accès : Rejoindre le croisement entre la D46 (La Valette/Le Revest) et la D446 que l’on
empruntera sur 450m avant de tourner à gauche en direction des carrières de Tourris
jusqu’à une esplanade entre deux ruines carrées de part et d’autre de la route, à
proximité d’installations militaires. Se garer sur l’esplanade puis emprunter le sentier (vers
l’ouest) qui remonte une pente boisée, passer deux pylônes avant d’aboutir à la partie
droite de la falaise.
Temps d’approche : compter moins d’1/4 d’heure. Hauteur des voies : 11 à 30 m.
Orientation : sud et sud-est. Voies recommandées : Sentinelle (4c) ; La rémington (5c) ; La
Baudiserre (6a+) ; Sortie de nuit (6a+) ; La Belle inconnue (6b+) ; L’étrave (7a) ; Vite un
clou, je glisse (7b) ; Averse de lumière (7c+).
12- Coudon : Accès routier général : Rejoindre le croisement entre la D46 (La Valette /Le
Revest) et la D446 que l’on empruntera sur 2 à 6 km environ selon le parking auquel on
veut accéder. Attention, la route est très étroite.
Deuxième sommet des environs de Toulon de par son altitude et deuxième site de l’aire
toulonnaise en nombre de voies. 275 longueurs répertoriées du 3a au 8b se répartissent
dans deux entités géographiques :
• La partie sud comportant Beaudouvin et les secteurs principaux du Coudon.
Accès particulier : selon le parking utilisé, vous pouvez rejoindre le pied des voies
soit par un sentier raide et glissant (1° parking, secteurs de gauche), soit par une
désescalade très facile (2° parking, secteurs centraux), soit un très bon sentier (3°
parking secteurs de droite). La plupart du temps, la descente en rappel dans les
voies est vivement déconseillée. Notez qu’une fois au pied vous pouvez évoluer
d’un secteur à l’autre, plus ou moins commodément. Temps d’approche : entre 5
et 20 min. selon secteur. Hauteur des voies : 15 à 110m. Les longueurs de plus de
30m. ne sont pas rares et une corde de 80m n’est pas inutile. Orientation : Sud.
Style d’escalade : essentiellement dalles plus ou moins raides, quelques dièdres et
fissures remarquables. Voies recommandées : Pim pam poum (3b) ; Azertyuiop
(4a) ; J’y pense et puis j’oublie (5a) ; No comment (6a) ; Rose Marie (6a) ; La D8
(6b) ; L’aplat Ventre (6b) ; Coucher de soleil (6c+) ; Canicule (7a+) ; Oxygène
(7b), etc. Ici aussi les belles voies sont majoritaires.
• Partie nord-est qui comporte les derniers secteurs à la mode (Brumes et Frigo).
Accès particulier : Utiliser le parking situé en face d’un champ de tir, à environ
6km du croisement de la route D46 avec la route D446 qui conduit au sommet du
massif et à la base militaire. De là emprunter le GR 51 puis prendre à droite à
chaque bifurcation pour rejoindre « Le Frigo ». Pour accéder au secteur « Les
Brumes », prendre ce même sentier (GR51) au départ du parking, puis passer la
table d’orientation ainsi que la première bifurcation à droite et continuer le GR 51
jusqu’à un cairn placé dans un virage à gauche. Au cairn, prendre à droite, puis
un peu plus loin à gauche pour rejoindre un corde fixe. Orientation : Nord et Est.
Hauteur des voies : 25 à 35 mètres. Temps d’approche : 10 minutes pour trouver 2
voies en 5c, 21 voies dans le niveau 6, 34 dans le niveau 7 et 5 dans le niveau 8.
Voies recommandées : Prélude (6c) ; Les portes du Paradis (7a) ; Plat de
résistance (7b) ; Cousue main (7c+) ; Autorisation de Délirer (8a+).
13- Fenouillet : Quatre petites falaises isolées dans un rocher bien différent (quartzite)
proposent 43 itinéraires du niveau 3 au niveau 8b sur les hauteurs de Hyères. On y trouve
aussi quelques blocs.
Accès : Sortie autoroute « La Bayorre ». prendre la N98 puis la D554 qui est dans son
prolongement, en direction de Hyères. Peu après la gendarmerie, prendre à gauche, le
chemin du Fenouillet sur 850m. environ, jusqu’à arriver à un croisement. Prendre à
nouveau à gauche et poursuivre en directionde la chapelle de Notre dame du Fenouillet
sur environ 1500m. Se garer au parking qui est au niveau de la 2° citerne verte que vous
rencontrerez. Depuis un panneau « Attention au feu » débute un sentier balisé en jaune et
bleu. Passer les premiers blocs puis atteindre une crète. Tourner à gauche pour rejoindre
le premier secteur.
Temps d’approche : 1/4 d’heure. Hauteur des voies : 8 à 20 m. Orientation : toutes. Voies
recommandées : Oasis (5c) ; Doigt d’acier (5c) ; Le point de non retour (6b) ; Sarbacane
d’éléphant (6b+) ; Sleppy Ollow (6a) ; Ah ! Perro (7a+).
A voir à faire, bonnes adresses
Salle d’escalade :
CULTURE ROC, Rue Auguste Perret – La Pauline 81130 LAGARDE ; Tél. : +33 494 140 417
Les spectacles :
• Centre culturel de Châteauvallon :
Chemin du Rossignol, 83190 OLLIOULES tél. : +33 820 222 004
• Salle Zénith Oméga :
Boulevard du Commandant Nicolas, 83000 Toulon tél. : +33 494 226 677
Deux restaurants parmi tant d’autres :
L’OURSINADO : Chemin du Pas des Gardéens - Les Oursinières
83220 Le Pradet 04.94.21.77.06 (pour son authenticité).
LE GROS VENTRE : 279, littoral Frédéric Mistral 83000 TOULON
Tél. : +33 494 314 032 (pour sa classe)
Incontournable pour des amateurs de rocher :
Musée de la Mine de Cap Garonne Chemin du Bau Rouge 83220 LE PRADET
Tél. : +33 494 083 246 (fait partie des 5 plus beaux sites minéralogiques au monde).

INTERVIEW : Denis Garnier, monsieur Cimaï

J’ai rencontré Denis pour la première fois à l’occasion d’un stage organisé par la
fédération. C’était notre instructeur. À l’époque il travaillait « Masse Critique ». Probablement
pour l’atteindre – la légèreté semble être la clé de la réussite de ce 8b+ mythique - il ne
mangeait guère plus d’un pamplemousse au repas de midi. Il avait, peut-être par
conséquence, un côté taciturne et se livrait peu, mais derrière son aura de grimpeur de haut
niveau il ne manquait pas de réflexion et mettait en pratique des idées rationnelles et assez
avant-gardistes. On devinait aussi de grandes qualités humaines et un profond respect pour
l’environnement. Depuis, il mange davantage, (ce qui ne l’empêche pas de toujours grimper
fort) et il a du équiper ou rééquiper quelques 150 longueurs de tous niveaux pour ne parler
que du Cimaï, sans parler de la création de la GTC ( Grande Traversée du Cimaï) une gigantesque traversée de 30 longueurs, mais ça c’est une autre histoire...
- Denis, parle-nous de tes débuts à Toulon.
- C’était en 1980. Le Baou était le seul site et Patrick Edlinger y avait ouvert des
voies prestigieuses.
- On dit que tu étais capable de faire toutes les voies dures dans la journée ?
- Pour m’entraîner, il m’est bien arrivé quelques fois de faire une dizaine de 7b dans
la séance, ce qui pour l’époque n’était pas commun. Mais je les connaissais bien.
- Et comment en es-tu venu à équiper ailleurs ?
- Bien, je ne savais plus quoi faire !
- On dit que la première fois que tu as voulu aller équiper au Cimaï tu es revenu très
déçu.
C’est pire que ça, je cherchais du rocher gris et sain et je n’ai trouvé que des
-
vieilles fissures et du rocher douteux en plein « cagnard ». Puis j’ai entendu dire
que ce n’était pas le point de vue de Patrick Edlinger. J’ai voulu en avoir le cœur
net et là, ça a été la révélation.
- Tu as commencé par quoi ?
- On est d’abord allé dans les voies d’artif’ « El condor », « Orange Mécanique » et
« Dolomitum ». J’ai commencé à équiper les trois lignes en même temps.
- Donc tu n’équipais que des voies dures ? Déjà en scellements ?
- Entre le 7 et le 8, et on faisait les trous à la main bien sûr. Avec Hubert Martin et
Claude Torrès, on allait d’abord s’échauffer au Baou, puis on reprenait la voiture
pour venir grimper au Cimaï. C’est d’ailleurs Hubert qui a équipé les premières
voies abordables.
- Et les relations avec les autres équipeurs ?
- Il y avait une très bonne ambiance. Henri Talamasco est arrivé du Beausset, puis
Jean Paul Paris. Chacun avait ses idées et personne n’empiétait sur le voisin.
- A Toulon, les voies ont-elles vieilli depuis ?
Pas tant que cela. Peut-être un peu vers « La citerne2 », où il y a des gens tous les
-
jours. C’est moins agréable mais ça grimpe quand même : on est pas au Salève !
Ici le rocher tolère bien la fréquentation, à Beaudouvin3 par exemple tu n’as pas
cette impression de rocher patiné et pourtant c’est un secteur de voies faciles
magnifiques dans lequel on grimpe depuis 20 ans et plus !
- N’en as-tu pas assez de grimper sur Toulon ?
- Impossible. Même les locaux ne peuvent se lasser, on a trop de sites différents, du
coup il n’y a jamais de beaucoup de monde au même endroit, on ne se pose
jamais la question du temps qu’il fait, et en plus c’est super bien équipé !

Mais il n’y a pas un site que tu préfères plus qu’un autre ?
- Si, sans aucun doute le Faron, même si j’apprécie énormément le Cimaï. C’est
une entité à part, le plus gros site, composé de plein de petits sites et avec un
potentiel certain sur sa face nord.
- Un conseil à donner à d’éventuel visiteurs ?
- Oui, d’éviter au maximum les nuisances. Covoiturage pour ne pas encombrer les
parkings, surtout ne pas bivouaquer au pied des falaises ni d’allumer du feu et
bien évidemment de ne laisser aucun déchet ni mégot. Il en va de la crédibilité
du monde de l’escalade auprès des pouvoirs publics, et il ne faut pas oublier
qu’en bien des endroits, l’escalade n’est pas autorisée, mais seulement tolérée.

INTERVIEW : Fred Bourgeois

Peut-être est-ce son expérience des sports de combat (Fred était compétiteur avant de
se lancer totalement dans l’escalade) qui lui confère cette force tranquille et une certaine
humilité ? Toujours est-il que, Toulonnais, et moniteur d’escalade, il est le créateur de la salle
d’escalade « Culture Roc » tout près de Toulon, à La Garde. Et Quand on lui demande
combien de voies il a équipé par ici, il répond juste « Bonne question ! ». Renseignement pris,
c’est une question à 100 voies et plus. Quand même...

- Fred, donne-nous 3 raisons pour venir séjourner à Toulon.
- D’abord, la proximité. Proximité de la ville, des autres sites d’escalade. Ensuite, il ne
pleut jamais, et ça sèche très vite. Enfin, la qualité du rocher : ici c’est un calcaire très
dur et pas délité, pas poisseux comme aux Calanques, et très rarement patiné.
- Et serais-tu capable de nous donner 3 raisons pour ne pas venir ?
- Ça c’est plus difficile... Peut-être la chaleur l’été, mais depuis ces dernières années on
a beaucoup équipé « au frais » de sorte que maintenant avec des secteurs comme
La Concession, la face Nord du Faron ou Le Frigo selon ton niveau c’est carrément
faux, c’est même mieux l’été. L’hébergement est un point faible, même si c’est en
progrès et que l’on trouve toujours à se loger, il manque encore un vrai gîte comme
les grimpeurs aiment. Non le pire c’est la vie nocturne à Toulon, ça ne casse pas des
briques...
- Quel est ton site préféré ?
- Peut-être le Baou, pour sa verticalité et sa variété. T’as un peu tous les styles là-bas ! Le
Cimaï est magnifique, les petits matins d’hiver avec son ciel rosé, mais si t’as pas les
doigts tu ne fais rien. Peut-être le Coudon, les voies sont majeures. Oui, le Coudon
j’adore !
- Pour toi quels sont les grimpeurs qui ont le plus marqué l’escalade sportive à Toulon ?
- Impossible de ne pas citer les noms d’Edlinger, de Denis Garnier « Monsieur Cimaï »,
de Francis Elichabe « Monsieur Baou », de Laurent Jacob « Monsieur Destel » qui a
redonné un coup de vigueur au haut niveau. Ne pas évoquer ceux de « Pschitt » alias
Jacques Perrier, Jean-Marc de Robert et de Thierry Volpiatto serait aussi injuste.

À bâtons rompus avec : Christian Boutonné, Jean Delpy et Francis Elichabe

Quelques questions à Christian, Jean dit « Nanou » et Francis : trois complices qui ont
largement sévi sur l’aire Toulonnaise : Baou, Destel, Croupatier, Face nord du Faron pour ne
citer que leurs plus gros « chantiers » :
- Parlez-moi un peu de la face nord du Faron.
- Christian : L’escalade y est maintenant tolérée, même s’il a fallu y aller avec des
pincettes. Il n’y a pas eu de vieux censeur, pas de critiques trop sévères ni de
déséquipement, même si on a équipé quelques vieilles classiques que plus
personne ne faisait. À part ça, comme le dit Jean Gleizes, qui en plus d’être le
principal protagoniste de la face Nord est un peu le « gardien du site », les voies
sont « exigeantes et sérieuses, on ne grimpe pas à la Face Nord comme ailleurs ».
- Jean : C’est un bon secteur de grandes voies à l’ombre pour l’été. Ça fait quand
même 110 mètres.
- Francis : Et ça se trouve à peine à 1⁄4 d’heure de la ville...
- Christian : ...et du relais t’es à trois minute de la voiture et une minute plus tard tu
es derrière ta bière à la guinguette de Gilbert. Un type inénarrable qui vit à côté
dans sa caravane et qui te racontes tout ce que tu veux sur les hommes politiques
toulonnais !
- Mais il y a aussi des secteurs d’une seule longueur ?
- Jean : Pour le moment il y en a deux. Presque trois, car on a déjà mis des voies sur
un autre affleurement rocheux de 25 mètres qui va être très sympa.
- Mais une face nord c’est pour l’été, et l’hiver ?
- Christian : Le spot d’hiver à l’heure actuelle c’est « Le Croupatier » tu as 40 voies
de 35 mètres du 4 au 7.
- Jean : Plein sud, à l’abri de tous les vents !
- Francis : Ils sont incroyables ces deux-là, à 4 ou 5 voies près réalisées par Jean-
Marc de Robert, ils ont tout équipé à eux deux, même les voies en 4, pour faire
plaisir aux copains et aux copines !
- C’est votre falaise préférée ?
- Francis : Moi, mes falaises préférées, c’est au Destel. Ce sont celles qui sont près
de la maison. C’est le comble pour un guide !
- Alors Toulon c’est le nirvana de l’escalade ?
- Jean : Ah non ! La ville est vilaine, il y a trop de jolies filles sur les plages et, en plus,
on peut tomber sur Francis (rires) !
- Francis : Mais quand tu vois la ville de haut, c’est beau !
Christian : C’est la ville la plus ensoleillée de France, il y a une diversité incroyable
-
de falaises dans un périmètre très réduit, sans faire beaucoup de voiture.
- Jean : T’as parfois le bruit de la route, la rumeur de la ville.
- Francis : Pas au Destel ni au Cimaï !
- Jean : Et sur les parkings il faut faire attention tu peux te faire ouvrir la voiture... Bon
mais ça, c’est partout !
- Christian : Il y a peu de rivalité entre les grimpeurs, on est tous contents de se
retrouver. L’ambiance est bonne.
- Francis : Et en plus il y a tellement de sites que ce n’est jamais l’affluence ! Mais
mon rêve c’est qu’un jour Toulon soit vraiment une ville de grimpeurs un peu
comme Arco, Kalymnos ou La Palud. Mais en plus grand. Que tu puisses rentrer
dans un bar avec un baudrier et un sac à pof sans passer pour un extra-terrestre...
Mais ça je sais pas si c’est possible...

Ils l'ont dit !

« À mes débuts, je me cachais pour équiper et je ne disais pas que c’était moi ! »
Christian Boutonné
« Au Baou, c’était l’ambiance, les copains, la fête. Au Cimaï c’était le silence et la
concentration. Bref, on travaillait. Et moi je n’aime pas trop le travail, surtout en escalade.
Alors je suis retourné au Baou. »
Francis Elichabe
« Des mecs comme ça qui t’équipent un secteur complet, même les 4+, pour qu’il y
en ait pour tout le monde, c’est rare. Chapeau. »
Francis Elichabe (en parlant de Jean Delpy et de Christian Boutonné)
« Du relais t’es à 3 minutes de la bagnole, et de là t’es à 1 minute de la guinguette de
Gilbert. Et Gilbert qui vit dans sa caravane à côté. Il connaît tous les hommes politiques de
Toulon et il faut voir comment il raconte. Faut y aller ! »
Christian Boutonné
« L’escalade, nous on savait pas que c’était un sport ! »
Francis Elichabe
« Mon rêve c’est qu’un jour Toulon soit vraiment une ville de grimpeurs. Un peu comme Arco,
Kalymnos ou La Palud. Que tu puisses rentrer dans un bar avec un baudrier et un sac à pof
sans passer pour un extra-terrestre... Mais ça je sais pas si c’est possible... »
Francis Elichabe
« On ne grimpe pas à la Face Nord du Faron comme ailleurs ».
Jean Gleize (p.68 du tome 1 du topo-guide)